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 Léon Deubel (1879-1913)

26/9/2009

 

Léon Deubel (1879 à Belfort -1913 à Maisons-Alfort) était un poète français. Pauvre, inadapté à la vie sociale, Il se suicida en se jetant dans la Marne après avoir brûlé tous ses manuscrits. On lui doit : Le Chant des routes et des déroutes (1901), Sonnets intérieurs, Vers la vie, Poésies, Régner, Léliancolies.

Deubel est considéré comme le dernier des poètes maudits. Un portrait en buste, oeuvre du sculpteur japonais Takata, est visible à Maisons-Alfort.


Tombeau du Poète




Par les sentiers abrupts où les fauves s’engagent,
Sur un pic ébloui qui monte en geyser d’or,
Compagnon fabuleux de l’aigle et du condor,
Le Poète nourrit sa tristesse sauvage.

A ses pieds, confondus dans un double servage,
Multipliant sans cesse un formidable effort,
Les Hommes, par instants, diffamaient son essor ;
Mais lui voyait au loin s’allumer des rivages.

Et nativement sourd à l’injure démente,
Assuré de savoir à quelle ivre Bacchante
Sera livrée un jour sa dépouille meurtrie ;

Laissant la foule aux liens d’un opaque sommeil,
Pour découvrir enfin l’azur de sa patrie
Il reprit le chemin blasphémé du soleil !



Léon DEUBEL.

 


Détresse 

 

Seigneur ! Je suis sans pain, sans rêve et sans demeure.
Les hommes m
ont chassé parce que je suis nu,
Et ces frères en vous ne m
ont pas reconnu
Parce que je suis pâle et parce que je pleure.

Je les aime pourtant comme cétait écrit
Et j
ai connu par eux que la vie est amère,
Puisqu
il n
est pas de femme qui veuille être ma mère
Et qu
il n
est pas de cœur qui entende mes cris.
 
Je sens, autour de moi, que les bruits sont calmés,
Que les hommes sont las de leur fête éternelle.
Il est bien vrai qu
ils sont sourds à ceux qui appellent.
Seigneur
 ! Pardonnez-moi sils ne mont pas aimé 
!
 
Seigneur
 ! j
étais sans rêve et voici que la lune
Ascende le ciel clair comme une route haute.
Je sens que son baiser m
est une Pentecôte,
Et j
ai mené ma peine aux confins de sa dune.
 
Mais j
ai bien faim de pain, Seigneur ! Et de baisers 
!
Un grand besoin d
amour me tourmente et m
obsède,
Et sur mon banc de pierre rude se succèdent
Les fantômes de Celles qui l
auraient apaisé.
 
Le vol de l
heure émigre en des infinis sombres,
Le ciel plane, un pas se lève dans le silence,
L
aube indique les fûts dans la forêt de l
ombre,
Et c
est la Vie, énorme encor qui recommence 
!

(1900, place du Carrousel, 3 heures du matin.)

 

 

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Catégorie : Poésies. Envoyer à un ami

 Deux Ombres.

15/9/2009

 

Deux Ombres.

 

 

J'étais ton amie, tu étais mon frère,
Les yeux secs des sables des même déserts ;
Tu t'appuyais sur mon épaule engourdie,
Me parlant sans cesse de ton amour enfui.

Parfois une inquiétude voilait ton regard,
Pourquoi nous être rencontrés si tard ?
Je disais des mots doux pour apaiser tes nuits,
Tu caressais ma nuque et j'étouffais mes cris ;

Les poisons mortels avaient fait leur chemin
Insufflant en nos veines leurs noirs desseins.
Nous fûmes deux tout en n'étant qu'un,
Sur les routes, les mers,  aux mille parfums,

Loin le voyage qui mène nulle part.
Je voyais, sans y voir, à travers ton regard.
Et puis tout s'arrêta : le bruit, les choses,
Les souvenirs lancinants aux parfums de roses.

Ta main dans la mienne a cessé de trembler
La pendule de ton cœur venait de s'arrêter.
J'ai cessé d'avancer, à tes côtés perdus ;
J'ai laissé le vent sécher ma peau nue,

Jusqu'au bout je t'ai voulu accompagner ;
Et mes larmes aux tiennes mêlées
Ont formé comme des nues au ciel bleu Amour,
Ton ombre à la mienne,  pour toujours.

 

 

 

LESLIGNES

 

 

 

 

 

 

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 Découverte,

14/9/2009

 

Découverte,

 

Je ne connais que deux partis de toi,

T'ont sourires et ton regard de soie,

 Mais pas ta jolie voix,

J'aimerais connaître le reste de toi,

Ton rire sans fin et tes joies,

Ton doux regard si vert m'émois,

Nous avançons doucement, Nous y arriverons sûrement,

Il y aura bien un moment,

Plongeant mon regard dans le tien,

Te prenant la main sur ce chemin,

Il y aura peut-être un lendemain,

J'aimerais t'offrir ce que j'ai de plus chère,

Mon cœur, tous mes bonheurs en jachère,

 Ma vie, pour des années lumières,

Je ne demande rien en retour,

Seulement un petit peu d'amour,

Celui de tous les jours,

Toucher ta peau, la caresser,

La contempler et l'embrasser,

Et que l'on puisse un jour s'aimer,

Heureux sera ce jour béni,

Ou accompli l'un contre l'autre blotti,

Nous serons à tous jamais réunie,

 

 

Leslignes.

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 Avenir ?

14/9/2009

amoureux


Avenir ?

 

Quand je regarde tes yeux, je m'évade,
Tu me fais rêver, toi la femme que j'attends,
C'est peut-être toi, qui saura d'un sourire,
Me redonner le goût de vivre, d'aimer,
Tu portes le bonheur en toi, la-bas,
Je le sais, je le lis dans ton regard,
Vien et partageons s'est instant merveilleux,
Promis, mais jamais dis, le temps passe,
Je ne sais pas, si je dois attendre, encore,
T'a voix et si lointaine, que je ne l'entends,
Les murmures de nos vies passer nous rattrapent,
Nous étouffons, asphyxié, respirons à deux,
Prend ma main et allons sur ses chemins,
Marchons sans fin, vers notre destin,
Ne jouons plus à faire semblant, enfin,
Marchons vers l'avenir certain, ensemble,
Demain sera un jour meilleur, sans pleur,
Dis-moi tes peurs et tes angoisses,
Je les ferais disparaître à jamais de ta mémoire,
Des reflets étoilés dans tes yeux,
Du bonheur à jamais dans ton coeur,
De serais ton prince, sans aucun remord,
Ma vie à tes pieds, je déposerais sans peur,
N'ayons plus c'est noir penser, avançons,
L'avenir est là, a notre porter,
Mon coeur est à toi,
Pour toi.

 

Leslignes.

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 Charognard.

15/6/2009

Charognard.

 

 

 

Sans un bruit, sans un cri,

Les oiseaux, tel de lourds vaisseaux,

Leurs ailes, tel des drapeaux,

 

Sans un bruit, sans un cri,

Plane au-dessus des plaines.

Vers des contrés lointaine.

 

Sans un bruit, sans un cri,

Parcourant les cieux et le néant,

Leurs élytres déployés défilant.

 

Sans un bruit, sans un cri,

Voyageur de l'univers,

Ils vont vers la lumière.

 

Sans un bruit, sans un cri,

Je l'ais entent venir, je les perçois,

Entrant dans ma mémoire d'autrefois.

 

Sans un bruit, sans un cri,

Rongeant mes souvenirs,

Me laissant sans aucun avenir.

 

Sans un bruit, sans un cri,

Je n'ai plus vraiment le choix,

Je les suis sur mon chemin de croix.

 

Sans un bruit, sans un cri,

Naufragé délaissé de la société,

De leur bec acérer, déchiqueter.

 

Sans un bruit, sans un cri,

J'agonise dans un râle silencieux,

M'emportant dans les cieux.

 

Sans un bruit, sans un cri,

Maintenant, je ne puis,

Maintenant, c'est fini.

 

 

 

Leslignes.

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